La question de grammaire

La question de grammaire est une nouveauté des derniers programmes de français du lycée (nouveau bac 2020).

 

Elle porte sur une courte phrase ou partie de phrase du texte donné en explication linéaire et est en lien avec le programme de français de première.

L’examinateur peut te demander soit l’analyse d’une structure présente dans le texte ou alors une transformation qui permettra une analyse syntaxique.

1) Le programme de première en grammaire comprend 3 points. Pour chaque point, je t'indique ce que tu dois connaître et deux exemples de questions de grammaire qui pourraient t'être posées avec l'analyse de ce que l'on attend de toi. 

  • Les subordonnées conjonctives utilisées en fonction de compléments circonstanciels.

Tu dois connaître les subordonnées conjonctives utilisées en fonction de compléments circonstanciels de cause, de conséquence, de but, de condition et de concession, ainsi que les outils grammaticaux qui permettent leur construction.

Exemple de questions posées

Question de type analyse

Analysez la proposition subordonnée conjonctive en fonction de complément circonstanciel dans la phrase.

Attendus : la subordonnée doit d’abord être délimitée dans la phrase. La construction de la subordonnée doit être analysée (identification du terme introducteur, d’un système corrélatif, préciser alors de quel mot de la principale elle est dépendante). La circonstance exprimée doit être identifiée. Il ne faut pas uniquement se concentrer sur la conjonction de subordination mais sur le sens de la phrase.

 

Question de type transformation

Transformez la phrase de manière à faire apparaître une proposition principale et une proposition subordonnée circonstancielle de […]

Expliquez ensuite les transformations que vous avez opérées.

Attendus : la phrase proposée doit être grammaticalement correcte et respecter le sens de la phrase avant transformation. La transformation doit être analysée (par exemple, introduction d’une conjonction de subordination ou d’une locution conjonctive). Si la nature de la circonstancielle n’est pas donnée dans le sujet, il faut l’identifier.

 

  • L’interrogation : syntaxe, sémantique et pragmatique.

 

Tu dois savoir reconnaître les différentes formes de phrase interrogative et percevoir la différence entre l’interrogation directe et les interrogatives indirectes (ou enchâssées).  

Tu dois être capable d’analyser la syntaxe de la phrase interrogative (nature et fonction du mot interrogatif, notamment).

Question de type analyse

Étudiez l’interrogation dans la phrase.

Attendus : la portée de l’interrogation, totale, partielle ou alternative) doit être repérée. Il faut également identifier, si c’est une interrogation partielle, la nature du mot interrogatif, ainsi que sa fonction, si c’est un pronom. La construction de la phrase interrogative (directe, indirecte) est mise en avant et expliquée selon les distinctions habituelles (inversion sujet-verbe, ponctuation, …). Enfin, la valeur de l’interrogation (son sens, sa portée) est identifiée (ordre, question rhétorique, etc.)

Question de type transformation

Transformez la phrase en interrogation indirecte ou directe.

Expliquez ensuite les transformations que vous avez opérées.

Attendus : la phrase proposée doit être grammaticalement correcte et respecter le sens de la phrase avant transformation. La transformation doit être analysée (mot interrogatif, inversion, ponctuation, etc.)

 

  • L’expression de la négation.

 

Tu dois savoir reconnaître et analyser les différentes formes de construction de la négation.

Question de type analyse

Étudiez la négation dans la phrase.

Attendus : le type de négation (lexicale ou syntaxique) doit être identifié.  La portée de la négation (totale, partielle ou exceptive) est ensuite relevée. Dans le cas de la négation partielle, la nature du mot négatif doit être analysée, ainsi que sa fonction si c’est un pronom. La construction de la négation (simple, double) est mise en avant. Enfin, la valeur de la négation doit être expliquée.

Question de type transformation

Transformez la phrase en une phrase négative et étudiez la négation ainsi créée.

Attendus : la phrase proposée doit être grammaticalement correcte et respecter le sens de la phrase avant transformation. La transformation doit être analysée (par exemple, portée de la négation, nature du mot négatif employé).

2) La Négation (cours proposé par Madame DR)

 

 

1) Les particularités formelles :

➢ Structure bitensive (deux termes disjoints qui encadrent le verbe conjugué ou l’auxiliaire être ou avoir) / (un seul mot dans les autres langues : « not, no, non, nicht »)

➢ Ces deux termes forment une locution adverbiale négative (ne = discordantiel, sens négatif suivi d’un forclusif qui au départ avait un sens positif, était employé comme COD : Je marche pas : je marche la distance d’un écartement entre les jambes (unité de mesure chez les Romains) / Je mange mie (= je mange une miette) / Je vois point ou goutte (= je vois le petit trou formé par une piqûre, je vois une goutte) / Je pense à rien = à une chose). Puis ces noms (= substantifs) sont devenus des adverbes de négation interchangeables (Je ne mange pas) et ce sont « pas » et « point » qui sont restés dans la langue française car sans doute les plus usités.

➢ « Point » a connu une grande extension au XVII è siècle (Classicisme) et de nombreux auteurs l’utilisent encore au XIX è siècle (registre soutenu). Il a aussi une valeur de négation polémique qui souligne davantage que « pas » la position égocentrée de celui qui parle et s’oppose à ce que les autres pensent ou disent (effet de rupture).

Ex : «  Je ne vois point sur les bancs des jurés quelque paysan enrichi » = Je trouve injuste de ne pas en voir alors que vous, cela vous est égal. / Je ne vois pas sur les bancs des jurés quelque paysan enrichi = simple constat d’une réalité niée, il n’y en a pas.

➢ Ne est élidé devant voyelle : Il n’est / il n’a / Il n’y a / Il n’ira.

➢ Je ne puis  + infinitif (sans adverbe négatif) : registre soutenu  = Il n’est pas possible de (registre courant).

 

N.B. : la négation de la conjonction de coordination « et » est « ni » :

 

Ex : Je vois des paysans et des plébéiens : je ne vois pas de paysans ni de plébéiens ou Je ne vois ni paysans ni plébéiens.

 

 

2) La négation grammaticale :

ne+ adverbe / ne + pronom / ne + adjectif indéfini (= déterminant indéfini)

 

 N.B. : Possibilité d’inversion : Jamais ne / Personne ne …

 

 

3) La négation lexicale : antonymie, préposition « sans », préfixes (i+cs /dys / a+cs)

Ex : irréguliers = qui ne sont pas réguliers 

 

 

4) La négation totale ( porte sur l’ensemble de la proposition) 

 

 

5) La négation partielle (porte sur l’un des éléments de la proposition (sujet, COD ou COI, Compléments circonstanciels) 

6) Particularités :

 

➢ le « ne » explétif (sans valeur négative) après les locutions conjonctives avant que / sans que / à moins que / de peur que  et les verbes de crainte (craindre, redouter) (+ subjonctif)

➢ Non : adv de négation prédicatif = une phrase qui se limite à un nom, équivaut à une phrase

➢ « Ne … que » a un sens restrictif (= seulement, uniquement)

Ex : Il y avait uniquement des bourgeois indignés = il n’y avait que des bourgeois indignés